Et bien... Moi qui est le moral dans les chaussettes (fin de l'hiver, toussa, toussa...), cette histoire me fait de la peine pour lui...
Au delà de la bêtise de la démarche, Je ne vois qu'une seule chose... L'homme n'a toujours pas de travail...
Au delà des sommes totalement folles allouées à cette démarche, il n'a pas encore de travail...
Au delà de son côté culotté et provocateur, il n'a toujours pas de travail...
On peux certes critiquer la démarche. Mais il reste une chose. Bien plus grave à mon sens. Le seul et unique recruteur qui a daigné se déplacer n'a même pas été capable d'avoir un entretien intéressant avec lui. Je me pose une question... Entre le candidat et les éventuels employeurs... Qui est le rigolo dans l'histoire ?
Oui, bien sur que l'on aurait pu faire plus provocateur en beaucoup moins cher : louer une place de marché un dimanche matin et y installer un échafaud.
Donc, reprenons... On a un type qui s'est crevé à organiser son machin et en face on a quoi ? Un type qui décommande et un autre gars qui se pointe en toute fin de journée... Qui sont les rigolos dans l'histoire ? Qui ?
Est-ce le candidat qui fait tout pour se démarquer ?
Ou est-ce le recruteur qui fait tout pour dissuader le candidat de chercher du boulot ?
Quand je vois le nombre de mails que j'envoie à l'adresse officielle d'une entreprise (figurant en gros sur leur site web) et que celui ci me revient en "destinataire inconnu", c'est qui le rigolo ?
Quand un conna*d me dit : "Oui contacter moi au 05 55 XX XX XX à 15 heure ! Je vous attends !" Et que je tombe sur un fax ? Et que à 15 h 15, venant de ce numéro, j'ai l'abruti qui me rappelle "Dites donc, on avait rendez vous ! Pourquoi vous n'avez pas appelé ?" et me raccroche au nez, C'est qui le rigolo ?
Quand un illettré m'appelle "Votre CV de commercial me plait beaucoup, passez me voir !", c'est qui le rigolo ?
Quand un retardé, s'interrompt en plein milieu d'un entretien "Heu... Attendez... J'ai un doute... J'ai perdu la fiche de poste... Ah, voilà ! En fait c'est pas un CDI ! C'est un stage ! " et que le bonhomme est pris d'un fou rire, c'est qui le rigolo ?
Quand une entreprise de formation en bureautique, me répond un "nou n'avons pas besoin d'un farmoteur en burotique", c'est qui le rigolo ?
Quand, en entretien pour un poste subalterne au smic, on se retrouve devant une dizaine de personnes, qui ne se présentent pas et s'entrecoupent, c'est qui le rigolo ?
Quand une entreprise paye une boîte de "consulting" en ressources humaines à 20 000 euros pour embaucher
un ouvrier qui sera payé au smic, c'est qui le rigolo ?
Et pour clore cette longue litanie, quand un directeur marketing, censé avoir la tête sur les épaules, décide de monter un salon de 5000 m2 pour lui tout seul à 70 000 euros et qu'il trouve des imbéciles pour financer son projet, c'est qui, au final, le rigolo ?
Alors, on peut dire ce que l'on veut de ce chômeur, mais lui, au moins, il avance. Il propose. Il se met en avant. De manière stupide et professionnellement suicidaire, certes... Car, qui irait embaucher un directeur marketing capable d'engloutir une telle somme dans un truc aussi miteux ?
Il avait juste oublié une chose : les recruteurs, eux, reculent, ne proposent rien et font tout pour passer pour des charlots. Son salon en est la démonstration éclatante.
"Quod est absurdum"
Ah !

Mais oui ! Suis-je bête !.. Il voulait se mettre à leur niveau ?
Comment ça, je suis aigris ? Meu non ! Pas du tout !