Raspou a écrit : ↑22 nov. 2025
Ce qui fait pas l'affaire des précaires français qui doivent partager les miettes....
Dans certains cas (l'hébergement d'urgence, le logement social… entre autres) les Français ne sont pas prioritaires sur les miettes.
Je suis bien placé pour le savoir (une situation que j'ai déjà exposée à plusieurs reprises ici) : Ayant fait tout mon parcours professionnel à Paris, j'ai cherché à obtenir un logement social sur Paris et proches banlieues.
J'ai fait ma demande IL Y A 9 ANS. 9 ANS !!! Enfin, 8 ans et 8 mois très exactement.
Comme je vivais dans un logement insalubre, j'ai obtenu le statut DALO (Droit opposable).
J'étais donc prioritaire au logement social. On ne m'en a pas proposé alors j'ai engagé une action en Justice contre le préfet. Je l'ai gagnée.
Étant toujours sur la touche, j'ai ressaisis la Justice. J'ai de nouveau gagné. Le préfet a été contraint de m'indemniser. On ne m'a pas proposé de logement social pour autant et j'ai été contraint de m'installer en province pour me loger.
Ça, c'est du concret. Ça c'est du vécu.
Mais ce n'est pas fini. Mon avocat (enfin celui de l'association DALO) poursuit la procédure. Il estime (comme moi) que ce n'est pas normal qu'un Français qui a travaillé plusieurs dizaines d'années, payé des impôts, élevé des enfants, créé de l'activité, ne décroche pas de logement social quand il se retrouve dans la galère.
Car, depuis 8 ans et 8 mois donc, il y a des gens qui n'ont jamais travaillé en France, jamais payé d'impôts, parfois des étrangers en situation irrégulière d'ailleurs, qui ont bénéficié d'un logement social. Certainement. Ce n'est pas possible autrement.
Alors moi je continue mes démarches judiciaires. Je m'en fous, c'est le préfet (donc l'État) qui paie mon avocat.

Et je touche des indemnités. Minimes mais ça va finir par chiffrer à force.
Tout cela est absurde !
Quand un mec comme moi ne comprend pas ce qu'il se passe,
c'est qu'il y a un gros problème. Très gros problème. Forcément ! 20 ans à la tête d'Actuchomage, je suis une des personnes les mieux renseignées sur les questions de précarité. Mon cas est donc emblématique, révélateur d'énormes dysfonctionnements.
Ça fait partie de mon engagement militant. Je teste le système.
Je vois bien qu'il déconne à mort.
Exemple ? Dans le cadre de l'association DALO, j'ai croisé des migrants entrés illégalement sur le territoire qui ont fini par être régularisés (comme 90% d'entre eux), qui ont été déclarés prioritaires, qui n'ont pas obtenu de logement social, qui (comme moi) ont engagé des actions en justice, qui ont obtenu des dédommagements, mais auxquels on a finalement proposé un logement.
Ils ont non seulement obtenu gain de cause
plus rapidement qu'un couillon comme moi, mais leurs frais d'avocat ont été pris en charge par l'État (autour de 3.000/4.000 euros pour 3 procédures), puis indemnisés par l'État (autour de 3.000/5.000 euros). Sans oublier les frais de justice administrative (juge, greffier, secrétariat…). Soit un coût de 10.000 euros, grosso modo.

Tout ça pour quelqu'un entré illégalement sur le territoire. Juste pour le logement (je ne parle pas de la Sécu, de la mutuelle, des minima sociaux le cas échéant, des allocations CAF dans le cadre d'un regroupement familial…).
Vous imaginez le coût pour les finances publiques ?
Il s'agit ici d'un constat objectif. Comme je le précise SYSTÉMATIQUEMENT, des Français d'origines étrangères (Africaines par exemple), installés ici depuis 10, 20 ou 30 ans
sont aussi confrontés à cette concurrence entre pauvres savamment organisée.
Ce n'est pas une histoire de "blancs" concurrencés par des "gens de couleurs" venus d'ailleurs. Qu'on ne s'y méprenne pas ! C'est une question de "préférence nationale" dans l'accès aux prestations sociales.
Il me paraîtrait logique, indispensable,
que les Français, de toutes origines, de toutes confessions, soient prioritaires, et que les derniers arrivés se contentent, eux, des miettes. Dans de nombreux cas, on assiste au contraire. C'est cela que je dénonce.
C'est juste une question de bon sens.
